Après avoir gagné la bataille du Comité central (CC), Abdelaziz Belkhadem avertit ses opposants. Le secrétaire général du FLN a affirmé ce dimanche 17 juin lors d’une conférence de presse à Alger que désormais, il «?n’accorderait plus de crédit à personne », faisant remarquer que Belkhadem « d’avant la réunion de la session ordinaire du CC [15 et 16 juin, NDR] n’est pas celui d’aujourd’hui et ne sera pas le même demain ». Le chef du FLN promet d’agir et d’appliquer dans toute leur rigueur « les statuts du parti et le règlement intérieur ». « Maintenant qu’il n’y a plus de crainte sur l’avenir du parti, j’appliquerai les règles dans toute leur rigueur, sans vengeance », a?t?il insisté.
Mais si Belkhadem assure n’avoir aucune intention d’exclure ses opposants, c’est qu’en vérité, il n’a pas cette prérogative réservée exclusivement, selon le règlement intérieur, au Comité central. Tout en défiant ses adversaires de publier la liste des 168 membres contestataires, le SG du FLN a qualifié « d’illégal et d’illégitime » le comité installé par l’aile protestataire du CC qui n’a pas le droit, selon lui, « d’utiliser le sigle du FLN pour contester ».
Belkhadem se dit prêt, pour sa part, à révéler l’identité des 251 membres du CC signataires de la motion de soutien lui permettant de rester à la tête du parti. Des noms vérifiés par de vrais huissiers de justice « autorisés par le procureur de la République », a?t?il dit, dénonçant les informations diffusées par la presse qui a évoqué « de faux huissiers » payés par la direction du parti.
Y a?t?il une relation entre la crise qui ronge le FLN et la présidentielle de 2014 ? Interrogé par la presse, Belkhadem confirme : « Bien évidemment, il y a une relation entre les deux événements, pour preuve, les contestataires disent avec insistance dans les interviews qu’ils accordent aux télévisions étrangères que leur objectif est de barrer la route de la présidentielle au secrétaire général du FLN ». Sans pour autant afficher publiquement ses ambitions : « Je l’ai dit et je vais le répéter, le candidat du FLN aux présidentielles sera choisi par le Comité central. Ne vous en faites pas, je m’exprimerai publiquement lorsque j’aurai l’ambition de briguer un mandat présidentiel », a?t?il assuré.
Par ailleurs, Belkhadem a révélé que le président de la République est informé de tout ce qui se passe dans le parti. Refusant de parler de crise, il affirme que le « FLN fonctionne normalement », même s’il reconnaît plus loin que la décision « souveraine » de fermer la réunion du Comité central à la presse était liée au débat programmé sur les questions organiques, notamment l’adoption d’une motion de confiance ou de défiance à son encontre. Il reproche à certains titres de presse d’avoir pris parti contre lui.
Abdelaziz Belkhadem a reconnu aujourd’hui que sous sa présidence, le Bureau politique du parti, réuni le 15 juin à l’hôtel El Riadh à sidi Fredj, avait autorisé le recours à la force pour libérer la tribune de la salle de réunion qui devait accueillir les travaux du CC, occupée depuis le matin par les contestataires. « Nous avons réagi en utilisant exactement leur méthode. Si vous estimez que leur procédé était bon, le nôtre l’était aussi. Dans le cas contraire, les deux parties ont utilisé un mauvais procédé ». Belkhadem nie par contre avoir demandé aux services d’ordre d’intervenir le jour de la réunion. De même qu’il dément avoir payé des étrangers au parti pour agresser ses opposants.
L’omission de Belkhadem et le communiqué de Kassa Aissi
Bien évidement, Belkhadem revient longuement sur les rencontres avec le Comité des sages, chargé de la médiation avec les contestataires. Il refuse d’assumer l’échec des négociations. Il ira même jusqu’à accuser ce Comité de prendre parti contre lui en faveur des protestataires. Belkhadem a reconnu avoir informé le Comité des sages – lors de la réunion du 12 juin – de son intention d’aller à l’urne pour le choix du mode d’adoption par les membres du Comité central ( vote à main levée ou à bulletin secret) de la motion de défiance ou de confiance au SG du FLN.
Mais le mercredi 14 juin, lors de la réunion du Bureau politique, « un membre, poursuit?il, a attiré mon attention sur l’alinéa 4 de l’article 13 [du règlement intérieur, NDR] qui stipule que les questions de procédure sont votées à main levée ». Belkhadem dit qu’il avait l’intention d’expliquer cela au Comité des sages mais aussi aux membres du Bureau politique. Avant d’être surpris le soir par un communiqué du Comité des sages qui « m’accuse de renier mes engagements et me fait porter l’entière responsabilité en cas de dérives », dit?il.
La réaction des sages venait en réponse à un communiqué du Bureau politique du FLN diffusé le 14 juin au terme de sa réunion qui n’a fait aucune allusion, en évoquant l’ordre du jour du CC, à la question du retrait de confiance à Belkhadem. « J’ai compris après que le Comité des sages a pensé, en lisant ce document, que je m’étais rétracté. Ce qui est faux. Je peux vous assurer que le communiqué a été diffusé à mon insu sur initiative de M. Kassa Aissi, porte?parole délégué du parti ». D’après Belkhadem, son bras droit au BP a inscrit cette initiative dans le cadre des missions d’information qui lui sont dévolues.
Par ailleurs le SG du FLN rejette les accusations portées contre lui par ses opposants concernant le détournement de l’argent du parti, notamment durant la campagne électorale. Il s’oppose aussi à la constitution d’un gouvernement d’unité tel que proposé par le MSP et préfère parler d’un gouvernement ouvert à toutes les sensibilités politiques qui sont évidemment en mesure de travailler ensemble. Belkhadem affirme enfin que rien n’impose au président de désigner un Premier ministre issu de la majorité.
17/06/2012 à 18:01 |
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