Le président du Front national algérien (FNA), Moussa Touati, a été empêché par ses opposants d’ouvrir les travaux de son congrès ce jeudi matin à la salle Atlas, à Alger. Deux mille congressistes n’ont pu accéder à la salle de réunion dont l’accès a été bloqué par des dizaines de militants, emmenés par huit députés "redresseurs". Touati a tenté de résister avant de décider de quitter les lieux. Dans une déclaration à TSA, il affirme qu’il tiendra bien son congrès aujourd’hui mais que « ce sera ailleurs ». « On vous communiquera l’endroit de la rencontre plus tard », a?t?il dit. Mais le patron du FNA a peu de chances de tenir son congrès dans un autre endroit : l’autorisation accordée par le ministère de l’Intérieur mentionne en effet la salle et la durée du congrès. Tout changement dans le programme nécessiterait une deuxième autorisation officielle.
Par ailleurs, Touati a critiqué le comportement des services d’ordre présents sur les lieux qui ont refusé d’intervenir pour libérer l’accès à la salle et permettre la tenue du congrès. « J’ai personnellement, en ma qualité de président du parti, demandé leur intervention, ils [les services d’ordre] ont refusé sous le prétexte que parmi les contestataires, il y avait des députés bénéficiant de l’immunité parlementaire », raconte M. Touati, précisant qu’il ne s’est pas retiré sous la pression des contestataires. « Nous avons pris l’engagement avec la wilaya d’Alger de quitter la salle à 14 heures pour permettre l’ouverture de la semaine culturelle de Tlemcen », précise notre interlocuteur.
Du côté des redresseurs, on crie à la victoire. Abdelkader Drihem, ancien député, affirme que le parti se dirige vers l’organisation d’un congrès extraordinaire : « Sur le plan organique, Touati, à partir d’aujourd’hui, n’est plus président du FNA puisqu’il devait remettre son mandat en jeu aujourd’hui », précise?t?il, en affirmant que Touati n’a aucune chance de tenir son congrès ailleurs. « Cela constituerait une violation grave des lois de la République » et « de toute façon, nous allons le suivre là où il ira ».
Lamine Osmani, député redresseur, affirme que Touati a transgressé l’article 14 du règlement intérieur du parti qui stipule que les délégués aux congrès sont élus au niveau des instances du parti dans les 28 wilayas ». « Touati a payé des gens qui ne sont pas militants du parti pour le réélire aujourd’hui. Chose que nous avons catégoriquement refusée », soutient?il. Les contestataires attendent donc l’autorisation du ministère de l’Intérieur pour tenir un congrès dans « les règles de l’art ».
Le conflit entre Touati est les redresseurs s’est déclenché suite à la décision prise par le chef du parti, en concertation avec le Mouvement pour la sauvegarde de la démocratie, de boycotter les plénières de l’APN en signe de contestation contre la fraude aux législatives du 10 mai dernier.
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