Le premier meeting des contestataires du Front des forces socialistes (FFS) n’a pas drainé la grande foule ce jeudi 12 juillet à Tizi Ouzou. Un peu plus de 300 personnes ont répondu à l’appel de plusieurs anciens responsables du FFS, opposés à la direction du parti qu’ils accusent de connivence avec le pouvoir, a constaté un journaliste de TSA sur place. Le "meeting de l’espoir" s’est finalement tenu place de l’Hôtel de ville (ancienne mairie) de Tizi Ouzou, sous un soleil de plomb, bien encadré par des policiers en civil, sous les portraits du président du parti Hocine Aït Ahmed qui ornaient la façade de l’ex?Hôtel de ville. Mais aucun des participants n’a cité son nom directement, ni évoqué son rôle dans la crise qui secoue leur parti depuis les législatives du 10 mai dernier.
Le pouvoir et la direction du parti n’ont pour leur part pas été épargnés. L’ancien Premier secrétaire, également élu député, Karim Tabbou, n’a pas participé au meeting. Les fidèles partisans de M. Tabbou, suspendu d’activités au sein du FFS, ne sont pas venus eux non plus, même s’ils ont affiché leur rejet de la composante et de la stratégie politique du parti d’Aït Ahmed. « Nous avons cru que la participation de notre parti [aux législatives] allait servir pour l’installation d’une Assemblée constituante. Mais rien de cela n’a été fait. On se demande donc ce que le FFS a gagné en participant au scrutin et en quoi il a servi la démocratie en Algérie », a dénoncé Djoudi Mammeri lors de son intervention.
Cadre du parti à l’étranger (France) et candidat aux législatives du 10 mai, Samir Bouakouir a également concentré son intervention sur les tares des décideurs algériens et les pratiques du pouvoir en place depuis l’indépendance de l’Algérie. Lui aussi a évité de parler d’Aït Ahmed comme premier responsable des divisions qui minent le FFS depuis quelques années, de par ses choix et les décisions politiques qu’il a prises à chaque nouvelle échéance importante pour l’Algérie.
Pour Djamel Zenati, directeur de campagne du candidat Aït Ahmed aux présidentielles de 1999, « il faut sauver le FFS et continuer à lutter pour les idéaux qui ont poussé à sa création en 1963 ». Les participants ont lancé un appel à l’organisation d’une conférence nationale pour l’alternative démocratique. Cette conférence s’inscrit dans la même démarche de rassemblement, avec la société, les personnalités, les syndicats et le mouvement des jeunes a expliqué Samir Bouakouir. « Ce n’est pas une démarche d’appareils. Elle se fera avec ceux qui sont impliqués à la base, tous ceux qui respectent le combat démocratique et qui considèrent que le changement ne peut provenir du système », a?t?il précisé. Dans ce cadre, des contacts seront entrepris incessamment, a?t?il dit. « On va discuter avec nos partenaires du principe de cette conférence avant d’aller vers une charte. Le FFS doit être partie prenante de cette démarche », a?t?il expliqué.
Selon l’ex?candidat du parti dans l’immigration, ce qui a empêché à ce jour les convergences démocratiques, c’est essentiellement la culture du chef. « Il faut casser le mythe de l’homme providentiel », a?t?il dit. Invité à ce meeting, le Premier secrétaire du FFS, Ali Laskri, a brillé par son absence. « Nous restons ouverts au débat », soutient Bouakouir. D’autres meetings et d’autres rencontres de proximité sont prévus dans les prochains jours, notamment à Béjaïa.
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