Le Front pour la justice et le développement (FJD) n’ira pas aux élections locales prévues le 29 novembre prochain, a annoncé ce mardi 11 septembre à Alger son président Abdallah Djaballah. « Après une longue et profonde discussion au sein des instances du parti, nous avons décidé de boycotter les locales », a déclaré M. Djaballah au cours d’une conférence de presse organisée au siège de son parti. Pour justifier ce choix, le chef du FJD a avancé plusieurs raisons, parmi lesquelles « le refus du pouvoir de créer un véritable changement politique dans le pays ». Les élections en Algérie sont « un moyen, parmi tant d’autres, pour légitimer le pouvoir en place, fabriquer une majorité politique et garder la mainmise sur la gestion des institutions politiques », a déploré Djaballah.
Le faible score obtenu par le FJD (quatre députés) lors des élections législatives du 10 mai dernier semble par ailleurs avoir pesé lourdement sur le choix de ce parti de boycotter des locales. Un résultat que Djaballah n’a jamais accepté. Pour lui, il n'y a aucun doute : « le pouvoir a sanctionné les partis de l’opposition ». En dépit de cette "page noire", Djaballah était prêt à participer aux locales « si le pouvoir avait répondu favorablement aux propositions de l’opposition sur l’organisation du scrutin ». L’opposition souhaite, a?t?il rappelé, « confier l’organisation des élections à une instance indépendante et mettre fin au monopole de l’État sur cette opération mais aussi arrêter l’inscription en bloc des militaires [sur le fichier électoral] et consulter le fichier électoral ». Aucune de ces proposition n’a été retenue, fait remarquer Djaballah, d’où le désintéressement affiché par les instances du parti au prochain rendez?vous électoral.
Djaballah, qui a appelé les partis de l’opposition à rejeter les élections, reconnaît néanmoins que « dans un pays où les voix contradictoires sont interdites de mener une campagne pour le boycott, il est très difficile de s’organiser et d’agir dans le cadre d’un front politique ».
Quant au groupe des seize partis politiques créé au lendemain des législatives, Djaballah affirme que sa mission « est terminée ». « Le groupe a été créé pour une durée déterminée. L’engagement était conjoncturel. Il n’était pas prévu, dans le pacte que nous avons signé, de coordonner nos positions sur des questions politique autres que des législatives ». Selon Djaballah, le FJD restera dans l’opposition : « notre combat, nous le menions contre le pouvoir et non contre les partis politiques ». Le conférencier dit avoir refusé une proposition faite par « des intermédiaires » de désigner deux membres au gouvernement. Enfin, Djaballah critique la position des partis politiques dits laïques qui mènent une campagne contre les formations islamistes.
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