Réunion des contestataires du Comité central du FLN
La tête de Belkhadem en jeu, doutes sur le lieu de la rencontre
Les contestataires du Comité central du FLN vont tenter, samedi 19 mai, de tenir une session extraordinaire de cette instance pour destituer Abdelaziz Belkhadem. Pour y parvenir, ils doivent franchir deux obstacles de taille. Le premier est de trouver un lieu où se réunir. « Nous avons demandé à Belkhadem une autorisation pour nous réunir au siège du parti. Mais il a refusé. Par décence politique, nous l’avons saisi par écrit et nous lui avons envoyé une délégation de sages du parti pour le convaincre d’ouvrir le siège et de laisser les membres du Comité central s’y réunir et y débattre. Mais il s’est entêté et il a dit non », a indiqué ce vendredi 18 mai M. Haïchour dans une déclaration à TSA.
Cette délégation est composée d’Abderrazak Bouhara, Mohamed Boukhalfa, Ahmed Sebaâ et Assane Guezane Djillali, a précisé notre interlocuteur. « Nous nous sommes réunis à la kasma de Hussein Dey et nous avons décidé de prendre l’opinion publique à témoin sur le refus de Belkhadem du débat libre et contradictoire au sein du parti », a?t?il ajouté.
L’ancien ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication affirme que les contestataires du Comité central ne peuvent pas se réunir dans la rue. « Nous avons une conduite sage en tant qu’hommes politiques et dirigeants du parti. Nous sommes respectueux des institutions de la République », insiste M. Haïchour qui déplore le refus de Belkhadem de dialoguer avec les contestataires du Comité central : « le FLN est géré comme une administration. Il n’a pas fait sa mue avec le multipartisme. Pourquoi Belkhadem refuse?t?il le débat ? Pourquoi veut?il nous pousser dans la rue ? ».
Les contestataires vont se réunir ce vendredi soir à la kasma de Hussein Dey pour décider du lieu de la tenue de la session extraordinaire du Comité central. Des membres contestataires du Comité central sont arrivés ce vendredi à Alger pour prendre part à la réunion de samedi, affirme M. Haïchour. « La dernière fois, nous avions opté pour la kasma de Bourouba [est d’Alger, NDR]. Mais les membres de cette kasma sont divisés et on ne veut pas gêner nos militants. Nous avons choisi la kasma d’El Madania pour nous réunir, mais rien n’est encore définitif. Nous allons voir demain », explique?t?il.
Mais pour se réunir à El Madania, les contestataires doivent franchir l’obstacle de l’autorisation. Le Mouhafed doit donner son accord. Et le secrétaire général du parti, Abdelaziz Belkhadem, auréolé de sa victoire aux législatives, ne restera pas les bras croisés. « Belkhadem peut demander à la police d’intervenir comme il l’avait fait à Bourouba. Heureusement que les institutions de la République avaient compris que c’était interne au parti. Nous avions tenu notre réunion dans le calme », dit?il.
Les contestataires du Comité central, appuyés par les redresseurs, maintiennent leur projet de destituer Belkhadem en dépit de quelques défections comme celle d’Abdelhamid Si Afif. « La réunion de demain a pour objectif de constater la vacance du poste de secrétaire général du parti et la mise en place d’une commission indépendante chargée de recueillir les candidatures pour remplacer Belkhadem », explique?t?il. Boudjemâa Haïchour affirme qu’il ne prendra plus part aux réunions que présidera Belkhadem : « Si Belkhadem continue de gérer le parti, j’ai pris la responsabilité de geler ma participation aux travaux du Comité central ».
18/05/2012 à 19:01 |
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