Lakhdar Bouregâa, commandant de l’ALN de la wilaya IV historique, joint sa voix à celles des détracteurs d'Abdelaziz Belkhadem. Cet ancien combattant de la Guerre de libération nationale compare la situation du FLN d’Abdelaziz Belkhadem à « un conducteur sans papiers » et à « une femme divorcée qui entretient une relation illégitime ». « La direction actuelle du FLN a mal géré son héritage. Elle est tombée dans l’erreur grossière », estime M. Bouregâa dans une déclaration à TSA.
Le Comité central du FLN se réunira en session ordinaire les 15 et 16 juin dans un contexte de grave crise interne. Le secrétaire général du parti, Abdelaziz Belkhadem, est contesté par plusieurs membres du Comité central, instance souveraine entre deux congrès.
« Le FLN a dévié des principes pour lesquels il a été créé », ajoute M. Bouregâa, qui a combattu avec les armes les régimes de Ben Bella et de Boumediene. « Belkhadem ne représente pas le FLN. Il est le représentant du régime à l’intérieur du parti », assène?t?il. « Un parti qui ne débat pas de ce qui se passe dans la région, et même au niveau mondial, devient une société gérée par un directeur et non un parti », explique M. Bouragâa, ancien membre du Comité central du FLN.
Pour cet ancien combattant, le FLN est « un ensemble de principes et d’idéaux et il est connu pour sa gestion collégiale ». « Il est impossible de réduire le parti à une seule personne et le FLN a toujours été géré d’une façon collégiale », rappelle?t?il.
Concernant le départ de Belkhadem lors de la prochaine session ordinaire du Comité central, Bouregâa est convaincu que « tout peut arriver à n’importe quel moment au FLN ». Sur la victoire du FLN aux législatives du 10 mai, M. Bouregaâ commente : « en Algérie, il y a deux partis bien organisés. Le premier est celui de l’administration. Le second est le parti de la corruption ». Le commandant de la wilaya IV historique déplore « la prolifération de l’argent sale dans le parti ». « La situation est telle que les têtes de liste aux élections s’achètent avec de l’argent. Il n’y a plus de militantisme », dit?il. M. Bouregâa déplore aussi la mainmise de l’argent sale sur le parti et l’absence d’idées et de débat dans le parti. « La logique de la chkara [sacs d’argent] prime », affirme?t?il.
12/06/2012 à 15:28 |
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