Le FLN et le FFS grands bénéficiaires, le RND et les islamistes principales victimes
Comment le système électoral a faussé les élections législatives
Le Conseil constitutionnel a proclamé, mardi 15 mai, les résultats définitifs et officiels des élections législatives du 10 mai. Les résultats montrent comment le FLN a largement profité du nouveau système électoral et de la dispersion des voix, conséquence du nombre impressionnant de partis ayant participé au scrutin.
Avec seulement 1,32 million de suffrages recueillis sur 7,63 millions exprimés, l’ex?parti unique est sorti largement vainqueur, avec 221 sièges loin devant le RND, qui ne totalise que 70 députés. En moyenne un député FLN a été élu avec moins de 6 000 voix ! Le FLN a frôlé la majorité absolue avec moins de 1,5 million de voix sur plus de 21,6 millions d’électeurs inscrits pour une population de près de 40 millions d’habitants. Soit moins de 7 % des Algériens inscrits au fichier électoral.
Paradoxalement, le RND, dirigé par le Premier ministre, apparaît comme l’une des grandes victimes de ce système. Le parti d’Ahmed Ouyahia, avec 524 057 voix n’a eu que 70 députés. Mais il y a plus malheureux : l’Alliance de l’Algérie verte (MSP, Ennahda et El Islah), avec 475 049 suffrages exprimés, presque autant que le RND, n’a obtenu que 47 sièges. Les partis islamistes (MSP, Ennahda, El Islah, Addala et FC) ont obtenu en tout 881 706 voix et seulement 58 députés. Même pas le score réalisé par le RND.
Le système électoral a également arrangé le FFS. Comme le FLN, le FFS, avec 21 sièges est le deuxième parti qui a profité de ce système électoral défavorable aux petits partis. La formation de Hocine Aït Ahmed n’a eu que 188 275 voix, soit moins de 9 000 suffrages par député. Le FFS a obtenu moins de voix que trois partis qu’il devance en nombre de sièges : le Front national algérien (FNA, 283 585 suffrages exprimés et 9 sièges), Addala d’Abdallah Djaballah (232 676 suffrages et 7 sièges) et surtout le Parti des travailleurs (PT) qui a récolté 283 585 suffrages pour seulement 17 députés élus.
Le FFS n’est pas loin du Mouvement populaire algérien d’Amara Benyounès. Mais ce dernier, malgré ses 165 600 voix, n’a eu que six députés. Plus surprenant encore, le score réalisé par le Front du Changement d’Abdelmadjid Menasra. Près de 174 000 électeurs ont voté pour lui mais il n’a eu que quatre sièges. Autre injustice. Les listes indépendantes, avec 671 190 suffrages exprimés, plus que le RND et l’AAV, n’ont obtenu que 19 sièges !
Les partis dit "petits" comme AHD 54, l'ANR, le FNJS, l'UFD et le Rassemblement algérien ont été victimes du système électoral et du nombre important de formations politiques (44) ayant participé à ce scrutin. La présence de plus de 40 partis au départ de la course a provoqué une dispersion des voix. Des millions d’Algériens qui ont voté pour des candidats ne seront pas représentés à l’APN.
Le Conseil constitutionnel n’a pas communiqué le nombre de listes éliminées pour n’avoir pas atteint 5 % des suffrages. Il n’a pas non plus fourni de détails sur la nature des 1,7 million de bulletins nuls enregistrés lors de ce scrutin. En 2007, l’APN avait été mal élue avec un taux de participation légèrement supérieur à 35 %. En 2012, le système électoral et la multiplication des partis politiques ont faussé les résultats des élections.
16/05/2012 à 14:47 |
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