Des produits proches de la péremption soldés et des boissons exposées en plein soleil
L’anarchie règne dans les commerces et les marchés de la capitale
Le ministère du Commerce accorde peu d’importance à la santé des consommateurs algériens. Des produits périmés ou proches de la péremption sont en effet souvent proposés aux consommateurs dans différents commerces du pays, à des prix très bas. Le phénomène est notamment visible dans les supérettes. À Alger, par exemple, les commerçants n’hésitent pas à exposer en devanture de leurs magasins des produits comme les gâteaux, les chocolats et les conserves, dont la date de péremption est imminente, en cette période de fortes chaleurs, à des prix soldés, pour attirer les clients.
Le procédé, largement utilisé par les nombreuses supérettes de la capitale souvent sans aucun avertissement pour le consommateur, est rarement réprimandé par les contrôleurs du ministère du Commerce, comme en témoigne son ampleur. Outre la vente de produits bons à jeter, les commerçants vérifient rarement la date de péremption de leurs articles. Certains clients le font, mais d’autres, comme les enfants, achètent et ne regardent pas les dates de péremption, parfois illisibles.
Ces pratiques sont favorisées par l’absence de contrôle de la part des agents des directions de contrôle des prix et de la concurrence du ministère du Commerce. « Les produits importés sont souvent chers et ne s’écoulent pas facilement. Les commerçants attendent trois ou quatre jours avant l’arrivée de la date de leur péremption pour les solder et les liquider alors qu’ils peuvent être dangereux pour la santé des consommateurs », déplore un responsable du service commercial dans une entreprise privée de produits alimentaires. « Le produit national n’est pas touché par ce phénomène parce que les producteurs font attention à leurs marques et les distributeurs aussi », explique?t?il.
Des eaux minérales et des sodas exposés au soleil toute la journée
L’anarchie qui caractérise le commerce en Algérie touche l’achalandage des produits alimentaires. La majorité des commerçants, faute de place à l'intérieur, exposent à l'extérieur de leurs magasins les eaux minérales et les sodas conditionnés dans des bouteilles en plastique. Contre l’avis des producteurs de ces boissons qui mentionnent que les bouteilles doivent être gardées « à l’abri du soleil dans un endroit, sec propre et tempéré ». Or, dans la majorité des commerces du pays, ces bouteilles sont exposées à l’extérieur et passent les journées au soleil, à plus de 40°. Ce qui met en danger la santé des consommateurs.
« L’exposition au soleil de l’eau et des sodas réduit leur validité. Lorsque ces produits sont soumis à de fortes chaleurs, les bouteilles en plastique se dilatent et libèrent des composants. Avec les sodas, il n’est pas exclu qu’il y ait des réactions et l’apparition de substances cancérigènes », prévient Mostefa Khiati, professeur en pédiatrie et président de la Forem (Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche). Le Pr Khiati juge inacceptable « l’exposition de ces produits au soleil alors qu’elle est strictement interdite. Les contrôleurs doivent faire un effort » pour l’interdire.
27/06/2012 à 10:53 |
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