L’action suscite des interrogations
In Amenas : la première attaque terroriste contre un site pétrolier en Algérie
Un groupe terroriste lourdement armé a attaqué, ce mercredi à l’aube, une base pétrolière près d’In Amenas, dans le sud du pays. Cette base, gérée avec le britannique BP et le norvégien Statoil, abrite des employés de plusieurs nationalités : britannique, japonaise, française, norvégienne, etc. Au moins une personne (un ressortissant étranger) a été tuée dans l’attaque et six autres blessées, selon le ministère de l’Intérieur.
Cette attaque est la première du genre contre un site pétrolier en Algérie. Même dans les années 1990, les groupes armés n’avaient jamais réussi à atteindre les régions du Sud pétrolier. « Il y a eu des attaques contre des convois de 4X4 de Sonatrach mais jamais d’actions de cette ampleur contre un site pétrolier », explique un connaisseur des questions terroristes. Les groupes armés ont également fait exploser des gazoducs dans le nord du pays. Mais jamais ils n’ont atteint les bases pétrolières du Sud.
Et pour cause : dès le début des actions terroristes, les autorités ont mis les moyens humains et matériels nécessaires pour sécuriser les sites pétroliers qui fournissent à l’Algérie son unique source de revenus en devises. Jusqu’à présent, tous les sites et les bases de vie qui accueillent des étrangers abritent en leur sein des gendarmes qui appuient les sociétés de gardiennage privées. Souvent, des étrangers sont chargés de la sécurité de ces sites, notamment quand ils abritent des Américains et des Britanniques.
Cette attaque intervient six jours après le lancement des frappes françaises au Nord‑Mali. Une action publiquement soutenue par l’Algérie. Alger a autorisé un survol sans limite de son espace aérien par les avions français. Il a également fermé les frontières pour empêcher les groupes armés de pénétrer sur son sol. Mais visiblement, cette mesure n’est pas efficace. Les terroristes seraient en effet venus du Nord‑Mali. Ils se sont attaqués à un site qui abrite beaucoup d’étrangers. À quelle fin ? Punir l’Algérie ? Pousser d’autres pays, comme le Royaume‑Uni à entrer dans la guerre au Nord‑Mali aux côtés des Français ? Pour l’heure, il est difficile de répondre. Mais une chose est sûre : cette attaque est un nouveau coup dur pour les services de sécurité algériens.
16/01/2013 à 15:02 |
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