L’axe routier relie Béjaïa à Sétif et à Jijel: Deuxième jour de fermeture de la RN9 : le bras de fer habitants-wali de Béjaïa continue

Vous êtes ici  >  Accueil  >  Divers


 

Moussa s’en souviendra toute sa vie ! Mercredi dernier à l’aube, alors qu’il dormait encore dans sa chambre sur la base de vie du complexe gazier d’In Amenas, quelqu’un se mit soudainement à frapper fort à sa porte ! « Je dormais encore quand un collègue est venu frapper à la porte, vers cinq heures du matin, et me prévenir que des terroristes étaient entrés dans la base. Je me suis levé et je suis sorti de ma chambre », raconte, ce vendredi 18 janvier à TSA, Moussa, un employé de la société française CIS Catering.

Un groupe de terroristes venait de faire irruption dans la base de vie. La prise d’otages commençait. L’enfer a duré jusqu’à vendredi ! « Je m’étais couché très tard la veille, et je n’avais pas entendu les tirs », ajoute‑t‑il.
 
De nombreux terroristes avaient déjà investi la base‑vie. Deux d’entre eux sont montés dans l’immeuble de Moussa pour demander aux travailleurs, rassemblés dans un couloir, de se diriger vers le foyer. « Nous avons obtempéré. Seul le chef‑cuisinier, un Français, est resté dans sa chambre. Ils ne s’en sont pas rendu compte et je pense que c’est l’armée qui l’a fait sortir de là‑bas après l’assaut », poursuit Moussa.
 
Parmi les assaillants se trouvaient un Tunisien, un Égyptien et des Algériens, affirme‑t‑il. « Certains [terroristes, NDR] portaient la barbe. D’autres étaient encagoulés et tous étaient en tenue de combat », se souvient‑il. « Ils étaient lourdement armés », ajoute‑t‑il.
 
 
« Les terroristes au fait de ce qui se passait sur le site »
 
Un autre otage, originaire d’Oran, raconte : « j’étais en train de prendre mon petit‑déjeuner avec d’autres travailleurs, au réfectoire, quand j’ai entendu des tirs et des "Allah ou Akbar". Nous sommes restés sur place jusqu’à 9 heures ou 9 h 30 ». Les terroristes ont épargné les travailleurs algériens de la base, selon lui. « Ils sont venus au réfectoire et nous ont demandé de sortir. Ils ont appelé les Algériens à se diriger vers le foyer en nous disant : vous êtes des musulmans, vous êtes nos frères. Vous n’êtes pas visés », dit‑il.
 
Des étrangers ont tenté de les suivre. « Les terroristes les ont reconnus. À part cinq personnes au teint mat qui ont pu se faire passer pour des Algériens », précise‑t‑il. Avant de se rendre au foyer, cet otage et quelques autres employés algériens sont allés chercher les femmes ayant refusé de quitter leurs chambres. « Elles avaient peur. Les terroristes nous ont alors demandé de les convaincre », indique‑t‑il.
 
Près de 500 Algériens se sont retrouvés au foyer de la base, selon Moussa. « Ils nous ont dit qu’il ne fallait pas avoir peur, que nous devions appeler nos familles pour les rassurer et qu’ils ne voulaient pas nous libérer de peur que l’armée ne tire sur nous », affirme‑t‑il. Moussa fait remarquer que les membres du groupe terroriste étaient très au fait de ce qui se passe sur le site. « Nous étions sur le point de faire une grève. Ils le savaient », dit‑il.
 
Les terroristes leur ont également assuré être venus pour les aider. « Ils nous disaient : on sait que vous êtes "mahgourine" [opprimés, NDLR], on est venus pour vous aider, pour que vous puissiez avoir vos droits », témoigne l’otage oranais.
 
 
« Les étrangers ont été ligotés »
 
« Les étrangers ont été ligotés, précise Moussa, et emmenés vers le bâtiment qu’occupaient les cadres de la base ». « Des Philippins ont été tabassés quand ils ont refusé de quitter leur chambre », ajoute‑t‑il. Dans la base‑vie, des expatriés auraient perdu la vie, selon les deux ex‑otages. « On parlait d’un Irlandais exécuté pour avoir tenté de s’échapper », souligne Moussa.
 
 
L’assaut de l’armée
 
Alors que les femmes avaient été relâchées mercredi, quelques heures après l’attaque, les autres travailleurs ont dû attendre le lendemain. « Nous n’avons pas pu dormir », poursuit Moussa. Jeudi, en fin de matinée, les forces spéciales ont donné l’assaut. Le bâtiment où les travailleurs algériens étaient réunis a été touché, à deux reprises, selon ces témoins. Cela a donné lieu à un mouvement de panique parmi les travailleurs. « Nous nous sommes alors précipités vers la sortie et nous avons commencé à crier : "[nous sommes des] travailleurs, [nous sommes des] travailleurs", pour que les militaires ne tirent pas », raconte‑t‑il.
 
Mais les terroristes ont rapidement fermé le portail, selon lui, bloquant ainsi une partie des otages algériens. Ces derniers n’ont pu sortir que vers 14 heures. « Par la suite, les terroristes nous ont dit de partir », précise le travailleur originaire d’Oran.
 
 
« Des agents de sécurité sans armes ! »
 
Comment ces terroristes ont‑ils pu accéder à la base ? Moussa, qui est rentré chez lui à Sétif dans la nuit du jeudi à vendredi, ne semble pas taraudé par cette question. « Il y a des agents de sécurité mais ils n’ont pas d’armes », précise‑t‑il. Les gendarmes patrouillent mais ils ne sont pas en permanence sur la base, selon lui. « Et la caserne de gendarmerie est loin », indique le deuxième ex‑otage.

 

 
18/01/2013 à 22:36 | 1 commentairesRéagir

Articles relatifs

Vos réactions


Il y a des agents de sécurité mais ils n’ont pas d’armes », précise‑t‑il. Les gendarmes patrouillent mais ils ne sont pas en permanence sur la base, selon lui. « Et la caserne de gendarmerie est loin », indique le deuxième ex‑otage. Questions: ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?? ? ?

  • 1
Autres titres de l'actualité
Nos services

Météo

alger
Alger

Minimum : 13°C
Maximum : 21°C
Constantine
Constantine

Minimum : 9°C
Maximum : 23°C
Oran
Oran

Minimum : 13°C
Maximum : 24°C