Pour combler l’absence des pouvoirs publics
A Alger, la société civile se mobilise pour venir en aide aux réfugiés syriens
En plein centre d’Alger, dans un restaurant situé au numéro 15 du boulevard Mustapha Ben Boulaïd (ex?boulevard Bugeaud), sept personnes s’attèlent, ce samedi après?midi, à préparer le ftour pour les réfugiés syriens. L’idée a jailli lors d’une discussion entre Rachid, cuisinier du restaurant, et son ami. « Au début, notre projet était de préparer le ftour pour une vingtaine de personnes seulement », raconte?t?il. Mais un Algérien vivant à l’étranger leur a proposé de l’argent et le patron du restaurant l’a autorisé à utiliser le local. « Nous avons collecté une bonne somme d’argent. Aujourd’hui, près de 170 personnes bénéficient des repas, au lieu des 20 prévues initialement », se réjouit?il.
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Depuis quelques jours, des dizaines de réfugiés syriens qui ont fui la guerre dans leur pays se sont installés au square Port?Saïd, au centre d’Alger (lire notre reportage). Sur place, Rachid a rencontré d’autres bénévoles algériens venus aider les réfugiés syriens. Parmi eux, Nassima, militante des droits de l’Homme. « On a rejoint le groupe de bénévoles depuis trois jours », explique?t?elle. Avec ses camarades, elle médiatise cette action de solidarité sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les Algériens à la situation de ces réfugiés. « On reçoit une dizaine d’appels par jour. Les gens se déplacent pour nous apporter des dons », assure?t?elle.
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Moins organisés mais tout aussi déterminés à venir en aide à ces personnes en détresse, des citoyens anonymes viennent régulièrement au square Port?Saïd avec des produits de première nécessité. Slimane en fait partie. Il habite dans le quartier d’Hussein Dey, où des habitants ont décidé de faire des dons pour les réfugiés syriens. « On a collecté de l’argent pour leur acheter certaines choses dont des couches pour bébés, du lait et de la nourriture », explique?t?il. Comme d’autres bénévoles rencontrés au square Port?Saïd, il se dit indigné par la passivité des pouvoirs publics qui feignent d’ignorer la situation de ces réfugiés.
Des associations se réunissent pour la mise en place d’un plan d’urgence
Des jeunes du mouvement Ness El Kheir veulent aller encore plus loin dans l’action. Ils discutent avec les femmes syriennes pour se renseigner sur ce dont ont réellement besoin les réfugiés afin de pouvoir mieux les aider. « On est là depuis deux jours », précise Amina, membre du mouvement. « Ces Syriens ont besoin d’un abri, pas seulement de nourriture », estime un passant. « Les habitants leur apportent à manger. Mais ils ont aussi besoin d’un toit », ajoute?t?il.
Plusieurs organisations se réuniront, dimanche 29 juillet, pour mettre en place un plan d’urgence pour venir en aide aux réfugiés syriens. « C’est une réunion de coordination entre les associations qui travaillent sur le dossier, dont Ness El Kheir, Touiza, Star Jeunesse, les scouts et les oulémas », explique Abderahmane Arar, du réseau de défense des droits de l’enfant Nada. Pour lui, le problème se posera après le mois de Ramadhan. « Il y aura la rentrée scolaire. Donc, il faut penser à l’hébergement et à la protection des enfants », ajoute?t?il.
28/07/2012 à 22:28 |
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