Mahmoud Jibril, l'interlocuteur d'Alger maintenu à la tête de l'exécutif libyen
Reconnaissance du CNT : l'Algérie n'ira pas plus loin
La Libye a un nouveau gouvernement provisoire. Sans attendre la libération totale du pays, Mustapha Abdeldjalil, président du Conseil national de transition (CNT) a annoncé ce lundi 3 octobre à Benghazi, la formation d'un nouvel exécutif provisoire. Un moment incertain, Mahmoud Jibril reste à la tête de l'exécutif et conserve son poste de ministre des Affaires étrangères.
Cette annonce constitue une bonne nouvelle pour Alger. De tous les membres influents du CNT, Mahmoud Djibril est celui dont les positions à l'égard de l’Algérie sont les moins dures. A l’inverse de Mustapha Abdeljalil, chef du CNT, Djibril est favorable à un rapprochement avec Alger. C’est d’ailleurs lui le principal interlocuteur des Algériens. C’est lui que Mourad Medelci a rencontré au Caire, en marge d’une réunion de la Ligue arabe puis à New?York la semaine dernière en marge de l’assemblée annuelle de l’ONU.
Le jour même de l’annonce de la formation du gouvernement, Mustapha Abdeldjalil s’est dit étonné du retard pris par Alger pour reconnaître le CNT alors que tous les pays voisins l’ont fait. Le 22 septembre dernier, dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères, avait annoncé son intention de travailler étroitement avec les nouvelles autorités libyennes. Certes, le MAE n’a pas utilisé le terme de « reconnaissance », mais la déclaration avait été interprétée comme une reconnaissance de fait du CNT. Une « reconnaissance » qui ne semble pas satisfaire le chef du CNT.
Mais pour les Algériens, tout a été dit. Et il n’y aura pas de nouvelles annonces dans l’avenir allant dans ce sens. « Quelle reconnaissance ? Le communiqué du ministère des Affaires étrangères du 22 septembre est explicite ! Il n'y aura pas autre chose ! », tranche dans une déclaration à TSA, une source diplomatique algérienne qui a requis l’anonymat. « Et puis, poursuit la même source, notre doctrine, c'est de reconnaitre les États, pas les régimes ni les gouvernements. Les gouvernants changent, les États restent ». Avant de citer les exemples de l’attitude de la diplomatie algérienne vis?à?vis des autres pays arabes : « Dans le cas de la Tunisie et de l'Égypte, il y a eu changement de régime et on n'a pas pour autant fait de déclaration de reconnaissance. Pourquoi le ferait?on dans le cas de la Libye ? ».
03/10/2011 à 20:24 |
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